Arrêt n° 290 du 3 mars 2016 (15-13.027) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2016:C200290

Assurance de personnes

Cassation


Demandeur(s) : la société MAAF assurances, société anonyme, et autre 

Défendeur(s) : M. Jean-Michel X..., et autres


Sur le moyen unique, pris en ses deux premières branches :

 

 Vu l’article L. 141-4 du code des assurances ;

 

 Attendu qu’il résulte de ce texte que, sous réserve d’un abus de droit, l’assureur et le souscripteur peuvent convenir de toute modification du contrat de groupe, à charge pour le souscripteur d’en informer par écrit les adhérents trois mois au minimum avant la date prévue de son entrée en vigueur ;

 

 Attendu, selon l’arrêt attaqué, que MM. Z…, Y… et X… ont, en leur qualité de salariés de la société MAAF assurances, adhéré à un contrat d’assurance sur la vie collectif à adhésion facultative souscrit par ladite société au profit de ses salariés auprès de la société MAAF vie le 9 février 1998 ; que par lettre du 17 juillet 2006, la société MAAF vie leur a notifié la suppression d’une unité de compte dénommée MAAF 98 ; que les trois salariés ont assigné les sociétés MAAF vie et MAAF assurances devant un tribunal de grande instance pour voir déclarer abusive la suppression de l’unité de compte et, à titre principal, en obtenir le rétablissement ;

 

 Attendu que pour faire droit à la demande, l’arrêt énonce que la clause 5d) des conditions générales émanant de la société MAAF vie est claire et précise dans ses termes mêmes et ne prévoit la suppression que de l’offre de l’un des supports ne permettant pas la suppression du support lui-même ; que la suppression pure et simple d’une unité de compte, par ailleurs support essentiel des contrats pour MM. Z…, Y… et X…, n’était pas prévue contractuellement et dans ces conditions, la société MAAF assurances ne se trouvait autorisée à y procéder qu’en cas de disparition d’une unité de compte conformément à l’article R. 131-1 du code des assurances ; que tel n’est pas le cas en l’espèce, l’unité de compte MAAF 98 étant constituée d’actions des sociétés d’assurances du groupe MAAF dont il n’est pas prétendu par la société MAAF assurances et la société MAAF vie qu’elles auraient disparu ;

 

 Qu’en statuant ainsi, alors qu’elle avait constaté que cette modification convenue entre le souscripteur et l’assureur avait été portée à la connaissance des adhérents au moins trois mois avant son entrée en vigueur, la cour d’appel a violé le texte susvisé par refus d’application ;

 

 PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les deux dernières branches du moyen :

 

 CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 12 décembre 2014, entre les parties, par la cour d’appel de Poitiers ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Bordeaux ;

 


 Président : Mme Flise

Rapporteur : Mme Isola, conseiller référendaire

Avocat général : M. Grignon-Dumoulin

Avocat(s) : Me Le Prado : SCP Rousseau et Tapie