Arrêt n° 655 du 4 mai 2016 (15-17.530) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2016:C200655 -

Sécurité sociale, assurances sociales

Cassation

Demandeur(s) : M. Bruno X...

Défendeur(s) : Caisse primaire d’ assurance maladie de l’Allier


Sur le moyen unique, pris en sa deuxième branche :

 Vu l’article L. 371-4 du code de la sécurité sociale ;

 Attendu, selon ce texte, que le montant total de la rente d’accident du travail et de la pension d’invalidité dont peut bénéficier, sous les conditions qu’il énonce, l’assuré titulaire d’une rente allouée au titre de la législation sur les accidents du travail et les maladies professionnelles dont l’état d’invalidité subit à la suite de maladie ou d’accident une aggravation non susceptible d’être indemnisée par application de ladite législation et prise en charge au titre de l’assurance invalidité, ne peut, en aucun cas, excéder le salaire perçu par un travailleur valide de la même catégorie professionnelle ; que pour l’application de ces dispositions, le montant cumulé de la rente d’accident du travail et de la pension d’invalidité doit être comparé au salaire perçu au cours de la même période par un travailleur valide de la même catégorie professionnelle ;

 Attendu, selon l’arrêt attaqué, que titulaire d’une rente d’accident du travail attribuée à la suite d’un accident du travail survenu le 25 novembre 2002, M. X… a également été admis au bénéfice de l’assurance invalidité ; que son taux d’invalidité ayant été réévalué en octobre 2009, la caisse primaire d’assurance maladie de l’Allier (la caisse) a suspendu le versement de la pension d’invalidité en application des règles de cumul énoncées à l’article L. 371-4 du code de la sécurité sociale et demandé à M. X… la restitution des arrérages perçus au titre des mois d’octobre et novembre 2009 ; que M. X… a saisi d’un recours une juridiction de sécurité sociale ;

 Attendu que, pour rejeter ce recours, l’arrêt relève que la caisse a fondé sa décision à partir d’un salaire de comparaison sur la base du traitement des six derniers mois de l’année 1998, soit la somme trimestrielle de 5 035,67 euros, correspondant, après application des coefficients de revalorisation, à 5 495 euros en 2007 ;

 Qu’en statuant ainsi, alors que le litige portait sur l’application de la règle de cumul pour des prestations servies au titre du dernier trimestre de l’année 2009, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

 PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres branches du moyen :

 CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 10 mars 2015, entre les parties, par la cour d’appel de Riom ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Lyon ;


 Président : Mme Flise
Rapporteur : M. Cadiot
Avocat(s) : SCP Waquet, Farge et Hazan ; SCP Foussard et Froger