Arrêt n° 1674 du 6 novembre 2014 (13-23.895) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2014:C201674

Sécurité sociale

Cassation


Demandeur(s) : l’union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (URSSAF) de la Côte d’Or

Défendeur(s) : la société Lyonnaise de seaux de France, société par actions simplifiée et autre


Sur le moyen unique, pris en sa première branche :

 

 Vu l’article R. 243-59, alinéa 1er, du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction issue du décret n° 99-434 du 28 mai 1999, applicable en l’espèce ;

 

 Attendu que l’avis que l’organisme de recouvrement doit envoyer, en vertu du texte susvisé, avant d’effectuer un contrôle en application de l’article L. 243-7, doit être adressé exclusivement à la personne qui est tenue, en sa qualité d’employeur, aux obligations afférentes au paiement des cotisations et contributions qui font l’objet du contrôle ;

 

 Attendu, selon l’arrêt attaqué, qu’à la suite d’un contrôle portant sur les années 2004 et 2005 effectué par l’URSSAF de Paris et de la région parisienne, l’URSSAF de la Côte d’Or a notifié à la société Lyonnaise des eaux France (la société), un redressement suivi d’une mise en demeure, pour six de ses établissements ; que la société a saisi d’un recours une juridiction de sécurité sociale ;

 

 Attendu que l’arrêt, après avoir rappelé que, par application des dispositions de l’article R. 243-59 du code de la sécurité sociale, tout contrôle effectué en application de l’article L. 243-7 du même code est précédé de l’envoi par l’organisme de recouvrement des cotisations d’un avis adressé à l’employeur ou au travailleur indépendant par lettre recommandée avec avis de réception, relève que, par lettre du 12 juin 2006, la direction de la réglementation du recouvrement de l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (l’ACOSS) a informé le président-directeur général du Groupe Suez-Lyonnaise des eaux de son inscription au plan de contrôle national des URSSAF pour 2006, et que, par lettre du 9 août 2006, l’URSSAF de Paris et région parisienne a informé la société Lyonnaise des eaux, en la personne de son représentant légal, domicilié à Paris, que suite au courrier du 12 juin et à la réunion tenue dans ses locaux le 27 juillet, une vérification de l’application de la législation de sécurité sociale et d’allocations familiales au titre des années 2004 et 2005 aurait lieu et fixait les dates des neuf premières visites ; que l’URSSAF de la Côte d’Or ne conteste pas qu’un seul avis de contrôle a été envoyé par l’URSSAF de Paris et région parisienne au siège de la société Lyonnaise des eaux à Paris, prévoyant un calendrier de visite, au siège de l’établissement, alors que la lettre du 11 juin 2006, à laquelle l’avis de contrôle du 9 août fait référence, précisait que « bien entendu cette information ne se substitue pas à l’envoi d’un avis de contrôle, par chacune des URSSAF compétentes, aux sièges des différents sites concernés, conformément aux dispositions réglementaires (article R. 243-59 du code de la sécurité sociale) » ; qu’ainsi l’URSSAF, en violation de l’engagement qu’elle avait pris, n’a adressé d’avis de contrôle ni à l’établissement régional, ni au versement en lieu unique de Dijon ; qu’il en résulte que le principe du contradictoire n’a pas été respecté par l’URSSAF, ce qui a pour conséquence d’entraîner l’annulation de la procédure de contrôle, des six mises en demeure notifiées par l’URSSAF à la société lyonnaise des eaux et du redressement opéré ;

 

 Qu’en statuant ainsi, alors, d’une part, que l’information donnée par un organisme qui n’avait pas compétence pour effectuer le contrôle, ne liait pas l’URSSAF, d’autre part, que l’avis ne devait être envoyé qu’à l’employeur tenu aux obligations de paiement des cotisations et contributions sur lesquelles allait porter le contrôle envisagé, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

 

 PAR CES MOTIFS et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres branches du moyen ;

 

 CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 4 juillet 2013, entre les parties, par la cour d’appel de Dijon ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Lyon ; 


 Président : Mme Flise

Rapporteur : M. Poirotte, conseiller

Avocat général : Mme Lapasset, avocat général référendaire

Avocat(s) : SCP de Nervo et Poupet ; SCP Célice, Blancpain et Soltner