Arrêt n° 1589 du 17 octobre 2013 (12-23.375) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2013:C201589

Saisie immobilière

Rejet


Demandeur(s) : la société Le Marquis du lac, société civile immobilière

Défendeur(s) : la société Banque CIC Est, société anonyme


Sur le moyen unique :

 

 Attendu, selon l’arrêt attaqué (Colmar, 1er juin 2012) qu’un tribunal d’instance, statuant à la requête de la société Banque CIC Est (la banque) aux droits de la société Crédit industriel d’Alsace et de Lorraine, a, sur le fondement d’un acte notarié, ordonné la vente par voie d’exécution forcée d’un bien appartenant à la société civile immobilière « Le Marquis du lac » (la société) ; que la société a formé un pourvoi immédiat de droit local à l’encontre de cette ordonnance ; que le tribunal de l’exécution a maintenu son ordonnance d’admission et transmis le dossier de l’affaire à la cour d’appel ;

 

 Attendu que la société fait grief à l’arrêt de la débouter de son pourvoi immédiat et de confirmer l’ordonnance ayant ordonné l’adjudication forcée de l’immeuble lui appartenant inscrit au livre foncier de Munster, section 17, n°115/45, 2 Chemin dit Untersolbergweg, pour une contenance de 173,63 ares alors, selon le moyen, que les tombeaux et le sol sur lequel ils sont élevés, que ce soit en cimetière public ou dans un cimetière privé, sont en dehors des règles du droit sur la propriété et la libre disposition des biens et ne peuvent être considérés comme ayant une valeur appréciable en argent ; qu’il en résulte qu’un tombeau et le sol qui le supporte ne peuvent être l’objet d’une saisie immobilière ; qu’au cas d’espèce, en ordonnant l’adjudication forcée de la totalité de la propriété de la société civile immobilière Le Marquis du lac, quand ils relevaient eux-mêmes qu’une sépulture y était édifiée, de sorte que celle-ci et le sol lui servant de support ne pouvaient être compris dans le périmètre de la saisie, les juges du fond, qui n’ont pas tiré les conséquences légales de leurs propres constatations, ont violé l’article 144 de la loi du 1er juin 1924 mettant en vigueur la législation civile française dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, l’article 14 de la loi n°91-650 du 9 juillet 1991, devenu l’article L. 112-2 du code des procédures civiles d’exécution, ensemble les articles 537 et 1128 du code civil ;

 

 Mais attendu qu’ayant exactement retenu que l’existence d’une sépulture n’a pas pour effet de rendre inaliénable et incessible la propriété dans laquelle celle-ci est située dont la vente amiable ou judiciaire est possible sous réserve qu’il en soit fait mention dans le cahier des charges et qu’un accès soit réservé à la famille, c’est sans encourir les griefs du moyen que la cour d’appel a ordonné la vente par voie d’exécution forcée du bien appartenant à la société tel qu’inscrit au livre foncier ;

 

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 REJETTE le pourvoi ;


Président : Mme Flise

Rapporteur : Mme Robineau, conseiller

Avocat(s) : SCP Rocheteau et Uzan-Sarano ; Me Le Prado