Arrêt n° 1061 du 3 juin 2010 (09-67.357) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile

Responsabilité délictuelle ou quasi délictuelle

Rejet

 

 


 

Demandeur(s) : M. J-M... X...

Défendeur(s) : l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux des infections iatrogènes et des infections nosocomiales

 


 

Sur le moyen unique :

 

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris 14 mai 2009), que M. X…, victime d’une contamination par le VIH a demandé à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux des infections iatrogènes et des infections nosocomiales (Oniam), venant aux droits du Fonds d’indemnisation des transfusés et hémophiles, l’indemnisation du préjudice économique qu’il avait subi à compter de son licenciement, le 6 février 2003 ; que M. X… a contesté devant la cour d’appel de Paris l’offre d’indemnisation notifiée par l’Oniam pour la période du 6 février 2003 au 31 décembre 2007 et a sollicité la réévaluation de son indemnisation ;

 

Attendu que M. X… fait grief à l’arrêt de confirmer l’offre de l’Oniam, alors, selon le moyen, que seules peuvent être imputées sur l’indemnité réparant le dommage résultant d’une atteinte à la personne les sommes versées à titre indemnitaire ; que les allocations de retour à l’emploi versées par les ASSEDICS ne constituent pas un revenu de remplacement, ne revêtent pas un caractère indemnitaire et ne peuvent donc être déduites du préjudice économique de la victime ; qu’en évaluant en l’espèce le préjudice économique de M. X… sur la base d’un revenu annuel de référence et en déduisant de cette somme les allocations d’aide au retour à l’emploi perçues par M. X…, la cour d’appel a violé l’article 29 de la loi du 5 juillet 1985 et l’article L. 3122-5 du code de la santé publique ;

Mais attendu que, selon les articles L. 351-1 et L. 351-3 du code du travail, alors en vigueur, l’allocation d’assurance attribuée aux travailleurs involontairement privés d’emploi, aptes au travail et recherchant un emploi, est un revenu de remplacement, calculé soit en fonction de la rémunération antérieurement perçue dans la limite d’un plafond, soit en fonction de la rémunération ayant servi au calcul des contributions visées à l’article L. 351-3-1, qui ne peut excéder le montant net de la rémunération antérieurement perçue et qui peut comporter un taux dégressif en fonction de l’âge des intéressés et de la durée de l’indemnisation ; qu’il en résulte que l’allocation de retour à l’emploi n’est pas une prestation d’assistance dépourvue de caractère indemnitaire et n’est pas l’une des prestations énumérées à l’article 29 de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 ;

 

Que c’est donc par une exacte application de l’article L. 3122-5 du code de la santé publique que la cour d’appel a pris en compte le montant de l’allocation de retour à l’emploi pour évaluer les pertes de gains professionnels subies par M. X… ;

 

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

PAR CES MOTIFS :

 

REJETTE le pourvoi ;

 

 


 

Président : M. Loriferne

Rapporteur : M. Grignon Dumoulin, conseiller référendaire

Avocat général : M. Maynial, premier avocat général

Avocat(s) : SCP Boré et Salve de Bruneton ; SCP Roger et Sevaux