Arrêt n°51 du 13 janvier 2021 (19-16.564) - Cour de cassation - Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2021:SO00051

Rejet

Demandeur(s) : M. H... O...

Défendeur(s) : société Centum Adeneo, société par actions simplifiée unipersonnelle


Faits et procédure


1. Selon l’arrêt attaqué (Lyon, 27 mars 2019), M. O... , engagé le 2 mars 2007 en qualité de chef de projet industrialisation par la société Adetel équipement aux droits de laquelle est venue la société Centum Adeneo, exerçait en dernier lieu les fonctions de chargé d’affaires produits. Dans le cadre d’une procédure de licenciement économique, il lui a été remis, le 11 février 2015, une proposition de contrat de sécurisation professionnelle, auquel il a adhéré le 26 février 2015.

2. Le 2 mars 2016, il a saisi la juridiction prud’homale aux fins de contester la rupture du contrat de travail.


Examen du moyen


Enoncé du moyen

3. Le salarié fait grief à l’arrêt de le juger forclos dans son action, alors « que la prescription ne court pas contre celui qui ne peut agir ; que le salarié ne peut agir en contestation de la rupture du contrat de travail avant que celui-ci soit effectivement rompu ; que, comme le faisait valoir le salarié dans ses conclusions d’appel, la rupture du contrat de travail ne se produit qu’à l’issue du délai de réflexion de vingt et un jours suivant la signature du contrat de sécurisation professionnelle ; que le délai de forclusion ne pouvait donc courir qu’à compter du 13 mars 2016 ; que la requête ayant été reçue au greffe du conseil de prud’hommes le 2 mars 2016, le salarié ne pouvait être dit forclos dans son action contre son ancien employeur ; qu’en statuant autrement, la cour d’appel a violé l’article L. 1233-67 du code du travail, ensemble le principe « contra non valentem agere non currit praescriptio. »

Réponse de la Cour

4. D’une part, il résulte de l’article L. 1233-67 du code du travail que, lorsqu’un salarié adhère au contrat de sécurisation professionnelle, le délai de prescription de douze mois de l’action en contestation de la rupture du contrat de travail ou de son motif court à compter de l’adhésion au contrat de sécurisation professionnelle, qui emporte rupture du contrat de travail.

5. D’autre part, la règle selon laquelle la prescription ne court pas contre celui qui est empêché d’agir ne s’applique pas lorsque le titulaire de l’action disposait encore, à la cessation de l’empêchement, du temps nécessaire pour agir avant l’expiration du délai de prescription.

6. Ayant constaté que le salarié avait adhéré au contrat de sécurisation professionnelle le 26 février 2015, de sorte qu’il pouvait engager une action en contestation de la rupture de son contrat de travail jusqu’au 26 février 2016, la cour d’appel a jugé, à bon droit, peu important que la rupture du contrat de travail soit intervenue le 4 mars 2015, à l’expiration du délai de réflexion de vingt-et-un jours courant à partir de la remise du document proposant le contrat de sécurisation professionnelle, que son action engagée le 2 mars 2016 était prescrite.

PAR CES MOTIFS, la Cour :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Leprieur, conseiller doyen faisant fonction de président
Rapporteur :
Mme Marguerite, conseiller référendaire
Avocat(s) : SCP De Nervo et Poupet