Arrêt n°820 du 30 septembre 2020 (19-15.675) - Cour de cassation - Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2020:SO00820

Contrat de travail, rupture

Rejet

Sommaire :
L’article L. 1237-13 du code du travail prévoit comme montant minimal de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle celui de l’indemnité prévue à l’article L. 1234-9 du même code, de sorte que le calcul de ce minimum est celui fixé par les articles R. 1234-1 et R. 1234-2 de ce code.


Demandeur(s) : M. P... J... ; et autre

Défendeur(s) : établissement public Cus Habitat - OPH Eurométropole de Strasbourg


Faits et procédure

1. Selon l’arrêt attaqué (Colmar, 29 janvier 2019), M. J... a été engagé le 20 novembre 2012 en qualité de chargé de travaux par l’établissement public Cus Habitat-Office public d’habitat de l’eurométropole de Strasbourg. Le 28 février 2018, les parties ont conclu une convention de rupture qui, après homologation par l’autorité administrative, a pris effet le 20 avril suivant.

2. Soutenant que l’indemnité de rupture conventionnelle aurait dû être calculée conformément aux dispositions de l’article 45 du décret n° 2011-636 du 8 juin 2011, M. J... a saisi la formation de référé d’un conseil de prud’hommes pour contester le montant de cette indemnité. Le syndicat interco 67 CGDT du Bas-Rhin (le syndicat) est intervenu à l’instance.

Examen des moyens

Sur le premier moyen

Enoncé du moyen

3. Le salarié et le syndicat font grief à l’arrêt de rejeter la demande en paiement d’un reliquat de l’indemnité de rupture conventionnelle, alors « qu’en vertu de l’article L. 1237-13 du code du travail, le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut être inférieur à celui de l’indemnité de licenciement prévue par l’article L. 1234-9 du code du travail ; que selon cette dernière disposition, le taux et les modalités de calcul de l’indemnité de licenciement sont déterminés par voie réglementaire ; que pour les personnels des offices publics de l’habitat, le décret n° 2011-636 du 8 juin 2011 applicable au litige a institué un taux et des modalités de calcul de l’indemnité qui dérogent à ceux prévus aux articles R. 1234-1 et R. 1234-2 du code du travail ; qu’en décidant que le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne pouvait être déterminé selon les règles dérogatoires de l’article 45 dudit décret, au motif inopérant que cette disposition limite son application au cas des salariés "licenciés" ce qui ne peut être assimilé au cas des salariés dont le contrat a pris fin par rupture conventionnelle, la cour d’appel a violé les articles L. 1237-13 et L. 1234-9 du code du travail et l’article 45 du décret n° 2011-636 du 8 juin 2011. »

Réponse de la Cour

4. Selon l’article L. 1237-13 du code du travail, la convention de rupture définit les conditions de celle-ci, notamment le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle qui ne peut pas être inférieur à celui de l’indemnité prévue à l’article L. 1234-9 du code du travail.

5. Les articles R. 1234-1, R. 1234-2 et R. 1234-4 du code du travail, pris en application de l’article L. 1234-9 du code du travail auquel ils font référence, déterminent le taux et les modalités de cette indemnité de licenciement.

6. La cour d’appel a exactement retenu que le salarié ne pouvait se prévaloir des dispositions de l’article 45 du décret n° 2011-636 du 8 juin 2011 pour déterminer le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle.

7. Le moyen n’est donc pas fondé.

Sur le second moyen

Enoncé du moyen

8. Le syndicat fait grief à l’arrêt de rejeter sa demande en paiement d’une provision sur dommages-intérêts, alors « que la cassation qui interviendra sur le fondement du premier moyen entraînera par voie de conséquence l’annulation du chef ici querellé en application de l’article 624 du code de procédure civile. »

Réponse de la Cour

9. Le rejet du premier moyen rend sans portée le second moyen qui invoque une cassation par voie de conséquence.

PAR CES MOTIFS, la Cour :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Cathala
Rapporteur : M. Silhol, conseiller référendaire
Avocat général : M. Desplan
Avocat(s) : SCP Thouvenin, Coudray et Grévy - SCP Gatineau, Fattaccini et Rebeyrol