Arrêt n° 501 du 27 mars 2019 (17-22.227) - Cour de cassation – Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2019:SO00501

Statut collectif du travail

Cassation partielle

Sommaire :
Un institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP), qui assure, à titre principal, une éducation adaptée et un accompagnement social ou médico-social aux mineurs ou jeunes adultes handicapés ou présentant des difficultés d’adaptation, ne constitue pas un foyer de vie au sens de l’annexe 1, dans sa rédaction issue de l’avenant du 25 mars 2002, de la convention collective nationale des établissements privés d’hospitalisation, de soins, de cure et de garde à but non lucratif du 31 octobre 1951.


Demandeur : Association Résilience Occitanie (RESO),
Défendeur : M. X...


Sur le moyen unique :

Vu l’annexe 1, dans sa rédaction issue de l’avenant du 25 mars 2002, de la convention collective nationale des établissements privés d’hospitalisation, de soins, de cure et de garde à but non lucratif du 31 octobre 1951, ensemble les articles L. 312-1-I, L. 344-1 et D. 312-59-1 du code de l’action sociale et des familles ;

Attendu, selon le premier de ces textes, que les éducateurs spécialisés exerçant dans les maisons d’accueil spécialisées, les centres d’hébergement et de réadaptation sociale et les foyers de vie bénéficient d’une bonification indiciaire de onze points à compter du 1er janvier 1983 ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que le 1er février 2013, M. X... et neuf autres éducateurs spécialisés, salariés de l’institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP) le Plantaurel dépendant de l’association Résilience Occitanie (l’association), ont saisi le conseil de prud’hommes de Toulouse aux fins d’obtenir notamment le paiement d’un rappel de salaire au titre de la prime pour contraintes conventionnelles particulières, de la prime fonctionnelle en raison du statut de l’établissement, de la prime d’ancienneté et de dommages-intérêts ;

Attendu que, pour condamner l’association à payer au salarié
un rappel de salaire arrêté au mois de mars 2017 inclus et à lui appliquer le coefficient 490, l’arrêt retient que ni la convention collective, ni aucun texte législatif ou réglementaire, ne contient la définition du « foyer de vie » qui doit être considérée au sens large, c’est à dire un lieu d’habitation pour une certaine catégorie de personnes, et que l’ITEP du Plantaurel, comportant un internat et assurant un accueil permanent des résidents de jour comme de nuit doit être qualifié de « foyer de vie », sauf à préciser que cette qualification est prononcée au sens de l’annexe 1 de la convention collective ;

Qu’en statuant ainsi, alors qu’un ITEP, qui assure, à titre principal, une éducation adaptée et un accompagnement social ou médico-social aux mineurs ou jeunes adultes handicapés ou présentant des difficultés d’adaptation, ne constitue pas un foyer de vie au sens de ce texte, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il condamne l’association Résilience Occitanie à payer à M. X... la somme de 20947,07 euros bruts à titre de rappel de salaire arrêté au mois de mars 2017 inclus, à appliquer le coefficient 490 à M. X... à compter de la décision sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du 8e jour suivant la notification et pendant une durée de 60 jours, et ordonne la rectification des bulletins de salaire, l’arrêt rendu le 31 mai 2017, entre les parties, par la cour d’appel de Toulouse ; remet, en conséquence, sur ces points, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel d’Agen ;


Président : M. Cathala
Rapporteur : Mme Capitaine

Avocat général : Mme Rémery
Avocat(s) :
SCP Gatineau et Fattaccini - SCP Lyon-Caen et Thiriez