Arrêt n° 1346 du 26 septembre 2018 (17-23.054) - Cour de cassation - Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2018:SO01346

Statut collectif du travail

Cassation


Sommaire :

L’article 23 de la convention collective du personnel des organismes de sécurité sociale du 8 février 1957 limite le bénéfice de l’indemnité de guichet et de la prime d’itinérance aux seuls agents techniques. Ces emplois correspondent à des fonctions d’exécution et sont définis par référence au protocole d’accord du 30 novembre 2004 relatif au dispositif de rémunération et à la classification des emplois.

Il en résulte que sont des agents techniques les salariés de niveaux de classification 1 à 3, à l’exclusion des salariés de niveau 4 qui exercent leurs activités en bénéficiant d’une autonomie de décision ou organisent, assistent sur le plan technique ou animent les activités d’une équipe (arrêt n° 1, pourvoi n° 17-23.055 et arrêt n° 2, pourvoi n° 17-23.054).


Demandeur(s) : caisse primaire d’assurance maladie de l’Oise

Défendeur(s) : M. Samy X...


Sur le premier moyen :

Vu l’article 23 de la Convention collective nationale de travail du personnel des organismes de sécurité sociale du 8 février 1957 ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que par acte du 26 décembre 2012, M. X... , salarié de la caisse primaire d’assurance maladie de l’Oise, exerçant en qualité d’animateur éducation santé de niveau 4, a saisi la juridiction prud’homale afin d’obtenir la condamnation de son employeur à lui payer la prime d’itinérance à taux plein prévue par l’article 23 de la Convention collective de travail du personnel des organismes de sécurité sociale, outre diverses sommes à titre de rappel de salaire, ainsi qu’une somme à titre de dommages-intérêts ;

Attendu que pour faire droit aux demandes du salarié, l’arrêt énonce que les missions telles que définies par la fiche issue du répertoire des métiers versée par la CPAM de l’Oise, consistent à animer les actions de prévention et de promotion de la santé au niveau local, à contribuer au maintien des partenaires internes et externes, à consulter les fonds documentaires dans les domaines de l’éducation pour la santé et à s’appuyer sur les plans d’actions du service, que la finalité du métier d’animateur est de contribuer à la prévention en matière de santé publique par l’animation d’actions de sensibilisation, de transmission d’informations, de promotion et d’éducation pour la santé, avec les partenaires associés, que les principaux interlocuteurs du salarié, selon le document intitulé "Les métiers de la sécurité sociale", qu’il verse aux débats, regroupent les populations, les professionnels de santé et d’autres partenaires, comme les associations, mutuelles ou l’Education nationale, avec lesquels il est en contact direct, aux fins de participer à la politique de prévention, qu’il anime avec ces différents interlocuteurs des réunions de concertation, qu’il ressort en premier lieu du descriptif des missions de M. X...  que les fonctions d’animateur éducation santé nécessitent des compétences techniques consistant à élaborer divers outils de communication et d’éducation à destination de publics variés sur la prévention et la protection de la santé, qu’en outre, ces fonctions sont exemptes de tâches managériales et n’exigent pas un niveau d’expertise trop complexe, qu’en conséquence les fonctions occupées par l’intéressé au sein de la CPAM de l’Oise correspondent à des fonctions d’agent technique, qu’il ressort en second lieu de ce document que M. X... , qui anime des réunions de concertation avec divers publics et développe et maintient les réseaux de partenaires, est chargé d’une fonction d’accueil du public au sens de l’article 23 alinéa 3 de la convention collective, que la condition d’itinérance n’est pas utilement contestée et il est manifeste que M. X... , qui va à la rencontre des partenaires susmentionnés, est itinérant, que les conditions cumulatives de l’article 23 alinéa 3 de la convention collective s’avèrent remplies ;

Attendu cependant que l’article 23 de la convention collective du personnel des organismes de sécurité sociale limite le bénéfice de la prime d’itinérance aux seuls agents techniques ; que ces emplois correspondent à des fonctions d’exécution et sont définis par référence au protocole d’accord du 30 novembre 2004 relatif au dispositif de rémunération et à la classification des emplois ; qu’il en résulte que sont des agents techniques les salariés de niveaux de classification 1 à 3, à l’exclusion des salariés de niveau 4, qui exercent leurs activités en bénéficiant d’une autonomie de décision ou organisent, assistent sur le plan technique ou animent les activités d’une équipe ;

Qu’en statuant comme elle l’a fait, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

Et attendu qu’en application de l’article 624 du code de procédure civile, la cassation à intervenir sur le premier moyen entraîne par voie de conséquence celle des chefs de dispositif critiqués par les deuxième, troisième et quatrième moyens ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 14 juin 2017, entre les parties, par la cour d’appel d’Amiens ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Douai ;



Président : M. Frouin
Rapporteur : Mme Sabotier, conseiller référendaire

Premier avocat général : Mme Courcol-Bouchard
Avocat(s) :
SCP Gatineau et Fattaccini - SCP Rocheteau et Uzan-Sarano