Arrêt n° 1344 du 26 septembre 2018 (17-23.055 à 17-23.57 ; 17-23.060 à 17-23.081 ; 17-23.083 à 17-23.086 ; 17-23.089) - Cour de cassation - Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2018:SO01344

Statut collectif du travail

Cassation

Sommaire :

L’article 23 de la convention collective du personnel des organismes de sécurité sociale du 8 février 1957 limite le bénéfice de l’indemnité de guichet et de la prime d’itinérance aux seuls agents techniques. Ces emplois correspondent à des fonctions d’exécution et sont définis par référence au protocole d’accord du 30 novembre 2004 relatif au dispositif de rémunération et à la classification des emplois.

Il en résulte que sont des agents techniques les salariés de niveaux de classification 1 à 3, à l’exclusion des salariés de niveau 4 qui exercent leurs activités en bénéficiant d’une autonomie de décision ou organisent, assistent sur le plan technique ou animent les activités d’une équipe (arrêt n° 1, pourvoi n° 17-23.055 et arrêt n° 2, pourvoi n° 17-23.054).


Demandeur(s) : la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de l’Oise
Défendeur(s) : Mme Sandrine X... ; et autres


Vu la connexité, joint les pourvois n° M 17-23.055 à P 17-23.057, S 17-23.060 à Q 17-23.081, S 17-23.083 à V 17-23.086 et Y 17-23.089 ;

Sur le premier moyen :

Vu l’article 23 de la Convention collective nationale de travail du personnel des organismes de sécurité sociale du 8 février 1957 ;

Attendu, selon les arrêts attaqués, que par actes du 26 décembre 2012, Mme X... et vingt-neuf autres salariés exerçant en qualité de conseillers assurance maladie ont saisi la juridiction prud’homale afin d’obtenir la condamnation de la caisse primaire d’assurance maladie de l’Oise à leur payer l’indemnité de guichet à taux plein prévue à l’article 23 de la convention collective de travail du personnel des organismes de sécurité sociale, outre diverses sommes à titre de rappel de salaire, ainsi qu’une somme à titre de dommages-intérêts ;

Attendu que pour faire droit aux demandes des salariés, les arrêts énoncent que les missions du conseiller assurance maladie, telles que définies par la fiche métier de la CPAM de l’Oise, consistent d’une part en l’accueil physique et téléphonique aux fins d’orienter et d’informer le public, de le conseiller, de répondre aux assurés par téléphone à des demandes complexes - missions de « front office » - et d’autre part à répondre de manière écrite aux demandes de renseignements et réclamations dans le cadre d’un suivi d’affaires intégrant la demande de régularisation de la situation anormale soulevée par l’usager - mission de « back office » -, qu’il ressort en premier lieu des différents documents susmentionnés que les fonctions de conseiller assurance maladie, de niveau 3 ou 4, nécessitent des compétences techniques consistant à renseigner et conseiller les assurés sur leur dossier de prestations de sécurité sociale, qu’en outre, ces fonctions sont exemptes de tâches managériales et n’exigent pas un niveau d’expertise trop complexe, les questions les plus techniques ne leur étant pas dévolues, qu’en conséquence les fonctions occupées par les demandeurs correspondent à des fonctions d’agent technique, qu’il ressort également des documents soumis à la cour que ces derniers sont chargés d’accueillir les assurés physiquement et par voie téléphonique, ou de répondre à leurs réclamations écrites, qu’ils sont affectés de façon permanente au service du public, qu’il se déduit des tâches exercées par les conseillers assurance maladie qu’ils assurent le règlement de l’entier dossier de prestation, nonobstant, comme le soutient à l’audience la CPAM de l’Oise lors de l’audience, le renvoi des questions techniques nécessitant un niveau d’expertise plus important à d’autres services davantage spécialisés, que les conditions de l’article 23 de la convention collective, tenant à la qualité de technicien, à la nécessité d’un contact permanent avec le public et au règlement complet du dossier de prestation sociale, s’avèrent remplies ;

Attendu cependant que l’article 23 de la convention collective du personnel des organismes de sécurité sociale limite le bénéfice de l’indemnité de guichet aux seuls agents techniques ; que ces emplois correspondent à des fonctions d’exécution et sont définis par référence au protocole d’accord du 30 novembre 2004 relatif au dispositif de rémunération et à la classification des emplois ; qu’il en résulte que sont des agents techniques les salariés de niveaux de classification 1 à 3, à l’exclusion des salariés de niveau 4 qui exercent leurs activités en bénéficiant d’une autonomie de décision ou organisent, assistent sur le plan technique ou animent les activités d’une équipe ;

Qu’en se déterminant comme elle l’a fait, sans rechercher si les demandeurs exerçaient les fonctions de conseiller assurance maladie de niveau 3, seule qualification leur permettant de prétendre relever de la catégorie des agents techniques, la cour d’appel a privé sa décision de base légale ;

Et attendu qu’en application de l’article 624 du code de procédure civile, la cassation à intervenir sur le premier moyen entraînera par voie de conséquence celle des chefs de dispositif critiqués par les deuxième, troisième et quatrième moyens ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, en toutes leurs dispositions, les arrêts rendus le 14 juin 2017, entre les parties, par la cour d’appel d’Amiens ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant lesdits arrêts et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Douai ;


Président : M. Frouin
Rapporteur : Mme Sabotier, conseiller référendaire

Avocat général : Mme Courcol-Bouchard, premier avocat général
Avocat(s) :
SCP Gatineau et Fattaccini - SCP Rocheteau et Uzan-Sarano