Arrêt n° 1071 du 28 juin 2018 (15-19.007) - Cour de cassation - Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2018:SO0010071

Emploi

Rejet

Sommaire :

Une cour d’appel qui relève que chacune des conventions tripartites intervenues en vue de l’engagement d’un salarié en contrat aidé prévoyait un référent en la personne du principal du collège et que la formation délivrée en interne par une initiation à l’informatique avait permis à l’intéressé d’effectuer les tâches d’assistance administrative qui lui avaient été confiées et d’acquérir des compétences détaillées dans une attestation délivrée au terme du dernier contrat, peut en déduire que l’employeur avait satisfait à son obligation de formation et d’accompagnement.


Demandeur(s) : Mme Annabelle X...
Défendeur(s) : Etablissement public local d’enseignement Collège Henri Matisse


Sur le moyen unique :

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Aix-en-Provence, 31 mars 2015), que Mme X... a été engagée par l’établissement public d’enseignement Collège Henri Matisse de Saint-Maximin, en qualité d’employée de vie scolaire, du 1er octobre 2006 au 30 juin 2009, par deux contrats d’avenir successifs, puis du 1er juillet 2010 au 30 juin 2011 par deux contrats uniques d’insertion successifs ;

Attendu que la salariée fait grief à l’arrêt de rejeter ses demandes de requalification des contrats aidés en contrat à durée indéterminée et de dommages et intérêts pour violation de l’obligation de formation ainsi que ses demandes relatives à la rupture du contrat de travail, alors, selon le moyen :

1°/ que les contrats d’avenir et les contrats uniques d’insertion à durée déterminée conclus au titre des dispositions légales destinées à favoriser le recrutement et l’insertion professionnelle de certaines catégories de personnes sans emploi, doivent remplir les conditions prévues en matière de formation et d’accompagnement, à défaut de quoi ils doivent être requalifiés en contrat à durée indéterminée ; que les actions de formation et d’accompagnement prévues dans le cadre des contrats aidés ne peuvent se limiter à une adaptation au poste de travail ; que la cour d’appel a affirmé que la salariée avait été « aidée dans l’acquisition de compétences et que les tâches qui lui ont été confiées correspondaient bien à l’emploi contractuellement prévu » ; qu’en statuant comme elle l’a fait, quand l’obligation de formation et d’accompagnement incombant à l’employeur dans le cadre des contrats aidés ne peut se limiter à une adaptation au poste de travail, la cour d’appel a violé les articles L. 1242-3, L. 1245-1, L. 5134-19-1, L. 5134-20, L. 5134-24, L. 5134-41 et L. 5134-47 du code du travail alors applicables ;

2°/ que l’employeur doit justifier avoir mis en oeuvre concrètement des actions de formation et d’accompagnement distinctes d’une simple adaptation à l’emploi ; que la salariée contestait avoir bénéficié concrètement de véritables actions de formation ; qu’en s’abstenant de rechercher, comme elle y était invitée, si de véritables actions de formation et d’accompagnement, distinctes d’une simple adaptation à l’emploi, avaient été concrètement mises en oeuvre par l’employeur au bénéfice de la salariée, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard des articles L. 1242-3, L. 1245-1, L. 5134-19-1, L. 5134-20, L. 5134-24, L. 5134-41 et L. 5134-47 du code du travail alors applicables ;

Mais attendu qu’ayant relevé que chacune des conventions tripartites intervenues prévoyait un référent en la personne du principal du collège et que la formation délivrée en interne par une initiation à l’informatique avait permis à l’intéressée d’effectuer les tâches d’assistance administrative qui lui avaient été confiées et d’acquérir des compétences détaillées dans une attestation délivrée le 30 juin 2011, la cour d’appel a pu en déduire que l’employeur avait satisfait à son obligation de formation et d’accompagnement ; que le moyen n’est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Frouin
Rapporteur : M. Schamber
Avocat général : Mme Rémery
Avocat(s) :
  SCP Thouvenin, Coudray et Grévy