Arrêt n°253 du 14 février 2018 (16-22.335) - Cour de cassation - Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2018:SO00253

Travail, réglementation, contrôle de l’application de la législation

Cassation partielle

Sommaire :

Il résulte de l’article L. 8252-2 du code du travail que le salarié étranger a droit, au titre d’une période d’emploi illicite, à une indemnité forfaitaire égale à trois mois de salaire en cas de rupture de la relation de travail.

En conséquence, lorsque l’étranger, employé sans titre, l’a été dans le cadre d’un travail dissimulé, il bénéficie soit des dispositions de l’article L. 8223-1 du code du travail, soit de celles de l’article L. 8252-2 du même code, si celles-ci lui sont plus favorables. 


Demandeur : société Starqush
Défendeur : M. O... X...


 Attendu qu’il résulte de ce texte que le salarié étranger a droit au titre de la période d’emploi illicite, en cas de rupture de la relation de travail, à une indemnité forfaitaire égale à trois mois de salaire ; que lorsque l’étranger employé sans titre l’a été dans le cadre d’un travail dissimulé, il bénéficie soit des dispositions de l’article L. 8223-1, soit des dispositions du présent chapitre si celles-ci lui sont plus favorables ;

 Attendu, selon l’arrêt attaqué, que M. X…, de nationalité sénégalaise, a été engagé à compter du 4 mai 2012 par la société Starqush en qualité de second de cuisine ; que licencié pour faute grave par lettre du 11 septembre 2013 et soutenant avoir effectué des heures supplémentaires, il a saisi la juridiction prud’homale de diverses demandes ;

 Attendu que pour condamner l’employeur au versement de sommes au titre de l’indemnité de travail dissimulé et de l’indemnité forfaitaire de trois mois, l’arrêt énonce que l’employeur ne justifiant pas que le salarié était muni d’un titre l’autorisant à exercer une activité salariée, il y a lieu d’appliquer l’indemnité forfaitaire prévue par l’article L. 8252-2 du code du travail de trois mois de salaire, et que la pratique consistant à rémunérer les heures supplémentaires sous forme de prime, pendant les premiers mois de la relation contractuelle, caractérise la volonté délibérée de faire échapper aux obligations déclaratives une partie de la rémunération du salarié et qu’il convient dès lors de faire droit à la demande formée au titre de l’indemnité pour travail dissimulé ;

 Qu’en statuant ainsi, alors qu’il résulte des dispositions légales que le salarié ne pouvait prétendre qu’à l’une ou l’autre des indemnités, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

 PAR CES MOTIFS :

 CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il condamne la société Starqush à verser à M. X… les sommes de 13 936, 08 euros à titre d’indemnité pour travail dissimulé et de 5 130, 90 euros au titre de l’indemnité forfaitaire prévue par l’article L. 8252-2 du code du travail, l’arrêt rendu le 16 juin 2016, entre les parties, par la cour d’appel d’Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, sur ces points, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, autrement composée ;


Président : M. Frouin
Rapporteur : Mme Cavrois (conseiller)
Avocat général :Mme Courcol-Bouchard (premier avocat général)
Avocat(s) : SCP Potier de La Varde, Buk-Lament et Robillot ; SCP Fabiani, Luc-Thaler et Pinatel