Arrêt n° 1641 du 24 septembre 2014 (13-15.074) - Cour de cassation - Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2014:SO01641

Statut collectif du travail

Rejet


Demandeur(s) : M. Jacques X...

Défendeur(s) : l’ Association pour adultes et jeunes handicapés (APAJH)


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Montpellier, 6 février 2013), que M. X… a été engagé par l’Association pour adultes et jeunes handicapés (APAJH 11) le 1er septembre 1981 en qualité de chef de service éducatif au sein du centre médico-social Louis Signoles ; que licencié le 2 avril 2010, il a saisi la juridiction prud’homale de diverses demandes ;

 

 Sur le premier moyen :

 

 Attendu que le salarié fait grief à l’arrêt de le débouter de sa demande de complément d’indemnité de licenciement, alors, selon le moyen :

 

 1°/ que la seule différence de catégorie professionnelle ne saurait en elle-même justifier, pour l’attribution d’un avantage, une différence de traitement, résultant d’un accord collectif, entre les salariés placés dans une situation identique au regard dudit avantage, cette différence devant reposer sur des raisons objectives dont le juge doit contrôler concrètement la réalité et la pertinence ; que repose sur une raison objective et pertinente la stipulation d’un accord collectif qui fonde une différence de traitement sur une différence de catégorie professionnelle, dès lors que cette différence de traitement a pour objet ou pour but de prendre en compte les spécificités de la situation des salariés, définies par la convention collective ; qu’en se fondant sur la prétendue plus grande exposition des cadres dirigeants à un risque de licenciement pour justifier qu’ils bénéficient d’indemnités de licenciement plus avantageuses, sans montrer en quoi les spécificités de la catégorie des cadres dirigeants et des autres cadres, telles que définies par la convention collective applicable, justifiaient un tel avantage, la cour d’appel a violé le principe d’égalité de traitement et l’article 15.2.3.2 de la convention collective des établissements hospitaliers privés à but non lucratif du 31 octobre 1951 ;

 

 2°/ que le changement de politique de la direction n’est pas une cause de licenciement ; qu’en justifiant la plus grande vulnérabilité des cadres dirigeants au licenciement par le fait qu’ils étaient soumis aux aléas de l’évolution de la politique de la direction générale, la cour d’appel s’est prononcée par un motif inopérant, violant le principe d’égalité de traitement et l’article 15.2.3.2 de la convention collective des établissements hospitaliers privés à but non lucratif du 31 octobre 1951 ;

 

 3°/ qu’en se bornant à se fonder sur les différences établies par le code du travail et les conditions de recrutement et fonctions telles que définies par la convention collective pour les cadres dirigeants, sans plus de précision, la cour d’appel, qui n’a pas montré l’existence d’une situation différente justifiant l’avantage incriminé, a privé sa décision de base légale au regard du principe d’égalité de traitement et de l’article 15.2.3.2 de la convention collective des établissements hospitaliers privés à but non lucratif du 31 octobre 1951 ;

 

 Mais attendu que repose sur une raison objective et pertinente la stipulation d’un accord collectif qui fonde une différence de traitement sur une différence de catégorie professionnelle, dès lors que cette différence de traitement a pour objet ou pour but de prendre en compte les spécificités de la situation des salariés relevant d’une catégorie déterminée, tenant notamment aux conditions d’exercice des fonctions, à l’évolution de carrière ou aux modalités de rémunération ;

 

 Et attendu qu’ayant relevé que dans le contexte de la gestion des établissements de l’APAJH 11, les cadres-dirigeants, qui ont la responsabilité directe de la mise en oeuvre du projet associatif, sont plus exposés que les autres salariés au licenciement, comme directement soumis aux aléas de l’évolution de la politique de la direction générale, la cour d’appel a pu en déduire que la différence de traitement prévue à l’article 15.2.3.2 de la convention collective des établissements hospitaliers privés à but non lucratif du 31 octobre 1951 pour le calcul de l’indemnité de licenciement, laquelle avait pour objet de prendre en compte les spécificités de la situation des cadres dirigeants liées aux conditions d’exercice de leurs fonctions et à l’évolution de leur carrière, était justifiée ;

 

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

 Sur le second moyen :

 

 Attendu qu’il n’y a pas lieu de statuer sur ce moyen qui n’est pas de nature à permettre l’admission du pourvoi ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 REJETTE le pourvoi ;

 


Président : M. Lacabarats

Rapporteur : Mme Wurtz, conseiller référendaire

Avocat général : M. Finielz, premier avocat général

Avocat(s) : SCP Hémery et Thomas-Raquin ; SCP Gatineau et Fattaccini