Arrêt n° 211 du 29 janvier 2014 (12-19.872) - Cour de cassation - Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2014:SO00211

Contrat de travail, rupture

Cassation partielle


Demandeur(s) : la société générale de protection, société par actions simplifiée

Défendeur(s) : M. Gilles, X..., et autre


Attendu, selon l’arrêt attaqué, que M. X… a été engagé le 23 février 2004 en qualité de responsable des agences de Strasbourg et Metz par la Société générale de protection ; qu’après avoir fait l’objet de plusieurs avertissements, il a été convoqué le 8 octobre 2007 à un entretien préalable fixé au 16 octobre 2007 ; qu’il a été licencié pour cause réelle et sérieuse le 5 novembre 2007 ; que contestant le bien fondé de son licenciement et soutenant ne pas avoir été rempli de ses droits au titre de sa rémunération variable, le salarié a saisi la juridiction prud’homale de diverses demandes ;

 

 Sur les premier et troisième moyens :

 

 Attendu qu’il n’y a pas lieu de statuer sur ces moyens qui ne sont pas de nature à permettre l’admission du pourvoi ;

 

 Mais sur le deuxième moyen :

 

 Vu les articles L. 1332-2 et R. 1232-1 du code du travail ;

 

 Attendu que pour déclarer irrégulière la procédure de licenciement et condamner l’employeur au paiement d’une somme à titre de dommages-intérêts, l’arrêt retient, après avoir relevé que le salarié faisait valoir que l’entretien préalable avait été tenu plusieurs heures plus tard, que même si le décalage est intervenu à la demande du salarié comme le soutient l’employeur, celui-ci a manqué à ses obligations en n’adressant pas à l’intéressé une nouvelle convocation mentionnant l’heure et le lieu de l’entretien et les modalités d’assistance du salarié ;

 

 Attendu cependant que lorsque le report de l’entretien préalable intervient à la demande du salarié, l’employeur est simplement tenu d’aviser, en temps utile et par tous moyens, le salarié des nouvelles date et heure de cet entretien ;

 

 

 Qu’en se déterminant comme elle l’a fait, en prenant en considération une irrégularité de la procédure de licenciement pour la fixation du préjudice subi par le salarié, sans rechercher si la demande de report émanait du salarié et si ce dernier avait été avisé en temps utile de l’heure à laquelle l’entretien avait été reporté au regard de celle mentionnée dans la lettre initiale de convocation, la cour d’appel a privé sa décision de base légale ;

 

 Et attendu qu’il y a lieu de condamner la Société générale de protection qui succombe pour l’essentiel aux dépens ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il déclare irrégulière la procédure de licenciement et condamne l’employeur au paiement d’une somme à titre de dommages-intérêts en application de l’article L. 1235-3 du code du travail, l’arrêt rendu le 27 mars 2012, entre les parties, par la cour d’appel de Colmar ; remet, en conséquence, sur ce point, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Nancy ;

 


 Président : M. Lacabarats

Rapporteur : M. Hénon, conseiller référendaire

Avocat général : M. Richard de la Tour

Avocat(s) : SCP Gatineau et Fattaccini ; SCP Masse-Dessen, Thouvenin et Coudray