Arrêt n° 2485 du 29 novembre 2011 (10-30.728) - Cour de cassation - Chambre sociale

Contrat de travail, exécution

Rejet


Demandeur(s) : la société Technique française du nettoyage, société par actions simplifiée

Défendeur(s) : M. Gilles X..., et autre


Sur le moyen unique :

 

 Attendu, selon l’arrêt attaqué (Caen,19 mars 2010), rendu sur renvoi après cassation (Soc. 14 mars 2007 pourvoi 05-43.184 Bull n°47), que M. X…, engagé par la société Iss Abilis le 28 avril 1998 en qualité d’agent de propreté, a été victime d’un accident du travail le 5 mai 2000 ; que l’employeur ayant perdu le marché de nettoyage auquel le salarié était affecté, le contrat de travail a été transféré le 31 mai 2000 à la société Technique française de nettoyage (TFN) nouvel attributaire du marché, par application de l’accord étendu du 29 mars 1990 annexé à la convention collective nationale du personnel des entreprises de propreté ; qu’ayant été déclaré inapte à tout poste dans l’entreprise à l’issue de deux examens médicaux, le salarié a été licencié le 4 juillet 2002 en raison de son inaptitude ;

 

 Attendu que la société TFN fait grief à l’arrêt de la condamner à payer diverses sommes pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, alors, selon le moyen, que les dispositions de l’article L. 122-24-4 (devenu L. 1226-2 à 1226-4) du code du travail, imposant à l’employeur d’un salarié devenu physiquement inapte à son emploi une obligation de reclassement, ne s’appliquent qu’aux salariés dont l’inaptitude a pour origine un accident ou une maladie d’origine non professionnelle ; qu’en décidant de faire application de ces dispositions à M. X… dont l’inaptitude à tout emploi procédait d’un accident du travail du reste survenu au service d’un précédent employeur, la cour d’appel a violé, par fausse application, le texte susvisé ;

 

 Mais attendu que s’il résulte de l’article L. 1226-6 du code du travail que les dispositions spécifiques relatives à la législation professionnelle ne sont pas applicables aux rapports entre un employeur et son salarié victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle survenu ou contractée au service d’un autre employeur, le nouvel employeur est néanmoins tenu, conformément aux articles L. 1226-2 et L. 1226-4 du code du travail, de chercher à reclasser, avant toute rupture du contrat de travail, le salarié dont l’inaptitude est médicalement constatée alors qu’il est à son service ; que le moyen n’est pas fondé ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 REJETTE le pourvoi ;

 


Président : M. Lacabarats

Rapporteur : M. Trédez, conseiller

Avocat général : M. Aldigé

Avocat(s) : SCP Hémery et Thomas-Raquin ; SCP Roger et Sevaux