Arrêt n° 274 du 26 janvier 2011 (08-43.475) - Cour de cassation - Chambre sociale

Contrat de travail, rupture

Cassation partielle

 

 


 

Demandeur(s) : la société Edimark, société par actions simplifiée

Défendeur(s) : Mme I... X..., et autre

 


 

Sur le premier moyen :

 

Vu l’article L. 227-6 du code de commerce, ensemble les articles L. 1232-6 du code du travail, 1984 et 1998 du code civil ;

 

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que Mme X… a été engagée par la société par actions simplifiée (SAS) Edirnark le 11 mai 1998 en qualité d’assistante de production, par contrat à durée déterminée, prolongé par contrat à durée indéterminée en février 1999 ; qu’elle a été promue en 2001 responsable, puis en mars 2004, directrice, de la production commerciale ; qu’elle a été licenciée le 21 février 2005 par une lettre signée par Mme Y… en sa qualité de directeur général de la SAS ; que Mme X… a saisi la juridiction prud’homale de diverses demandes ;

 

Attendu que pour condamner la société Edimark à payer à Mme X… une indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, la cour d’appel a retenu que la lettre licenciant la salariée le 21 février 2005 avait été signée par Mme Y…, qui venait le jour même de perdre ses fonctions de représentant légal de la société par actions simplifiée pour en devenir directeur général, que les pouvoirs de celle-ci en matière de licenciement étaient désormais subordonnés à l’accord du nouveau président, et qu’elle ne bénéficiait d’aucune délégation pour procéder à un licenciement, que celui de Mme X… avait été prononcé par une personne n’ayant ni qualité, ni pouvoir ;

 

Attendu, cependant, que si la société par actions simplifiée est représentée à l’égard des tiers par son président et, si ses statuts le prévoient, par un directeur général ou un directeur général délégué dont la nomination est soumise à publicité, cette règle n’exclut pas la possibilité, pour ses représentants légaux, de déléguer le pouvoir d’effectuer des actes déterminés tel que celui d’engager ou de licencier les salariés de l’entreprise ; qu’aucune disposition n’exige que la délégation du pouvoir de licencier soit donnée par écrit ; qu’elle peut être tacite et découler des fonctions du salarié qui conduit la procédure de licenciement ;

 

Qu’en statuant comme elle l’a fait, alors qu’il résultait de ses constatations que la lettre de licenciement avait été signée par la personne exerçant les fonctions de directeur général et considérée de ce fait comme étant délégataire du pouvoir de licencier, la cour d’appel, qui n’a pas tiré les conséquences légales de ses constatations, a violé les textes susvisés ;

 

PAR CES MOTIFS et sans qu’il soit besoin de statuer sur le second moyen :

 

CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il a condamné la société Edimark à payer à Mme X… la somme de 50 000 euros pour licenciement sans cause réelle et sérieuse et ordonné à cette société le remboursement aux ASSEDIC des indemnités de chômage perçues par Mme X… dans la limite de six mois, l’arrêt rendu le 24 juin 2008, entre les parties, par la cour d’appel de Versailles ; remet, en conséquence, sur ces points, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Versailles, autrement composée ;

 

 


 

Président : Mme Collomp

Rapporteur : M. Ludet, conseiller

Avocat général : M. Lalande

Avocat(s) : Me Foussard ; Me Bertrand