Arrêt n° 1829 du 30 septembre 2010 (09-40.114) - Cour de cassation - Chambre sociale

Contrat de travail, rupture / Quasi-contrat

Rejet

 

 


 

Demandeur(s) : Mme D... X...

Défendeur(s) : l’association Ligue contre le cancer

 


 

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 20 novembre 2008), que Mme X… a été engagée par l’association Ligue contre le cancer (l’association) en qualité de comptable, suivant contrat à durée indéterminée à temps partiel ; qu’elle a été licenciée pour faute grave par lettre du 7 avril 2006 ; qu’invoquant notamment la nullité de son licenciement, la salariée a saisi la juridiction prud’homale de diverses demandes en paiement à titre indemnitaire ; que l’association a demandé reconventionnellement la condamnation de Mme X… au paiement des salaires indûment perçus depuis la date de son embauche ;

 

Sur le premier moyen, après avertissement donné aux parties conformément aux dispositions de l’article 1015 du code de procédure civile :

 

Attendu que la salariée fait grief à l’arrêt de la débouter de ses demandes principales tendant à ce que soit ordonnée sa réintégration et à ce que l’association soit condamnée à lui verser une certaine somme correspondant aux salaires perdus au cours de sa période d’éviction illégale, alors, selon le moyen, que l’absence de qualité à agir du signataire d’une lettre de licenciement constitue une irrégularité de fond, qui rend nul le licenciement ; que le salarié dont le licenciement est nul a l’option, soit de demander sa réintégration et d’obtenir le paiement d’une somme correspondant à la totalité du préjudice subi au cours de la période qui s’est écoulée entre son licenciement et sa réintégration, dans la limite du montant des salaires dont il a été privé, soit, s’il ne demande pas sa réintégration, d’obtenir une indemnité réparant l’intégralité du préjudice résultant du caractère illicite du licenciement et au moins égale à celle prévue par l’article L. 1235-5 du code du travail sans qu’il y ait lieu de statuer sur les motifs de la rupture ; qu’en rejetant les conclusions principales présentées par Mme X… aux fins de réintégration et d’indemnisation de sa perte de salaire, après avoir constaté que son licenciement était nul, la cour d’appel a violé les articles L. 1232-6 du code du travail, ensemble, par refus d’application, le principe selon lequel ce qui est nul est réputé n’avoir jamais existé et, par fausse application, l’article L. 1235-5 du code du travail ;

Mais attendu que l’absence de pouvoir du signataire de la lettre de licenciement prive le licenciement de cause réelle et sérieuse ; que par ce motif de pur droit substitué à ceux critiqués, l’arrêt qui alloue à la salariée une indemnité réparant l’intégralité du préjudice résultant du licenciement se trouve légalement justifié ;

 

Sur le second moyen, après avertissement donné aux parties conformément aux dispositions de l’article 1015 du code de procédure civile :

 

Attendu que la salariée fait encore grief à l’arrêt de la condamner à rembourser à l’association une certaine somme à titre de salaires indûment perçus, alors, selon le moyen, qu’en accueillant la demande de répétition formée par l’employeur, dont elle constatait pourtant qu’il avait, sept années durant, versé à la salariée un salaire supérieur à ce qui avait été contractuellement convenu, ce qui constituait une erreur inexcusable faisant obstacle à la réclamation du remboursement du trop-perçu, la cour d’appel a violé l’article 1376 du code civil ;

Mais attendu que l’absence de faute de celui qui a payé ne constitue pas une condition de mise en oeuvre de l’action en répétition de l’indu ; que par ce motif de pur droit substitué à ceux critiqués, l’arrêt, qui a constaté que la salariée avait perçu indûment en salaire net la rémunération prévue contractuellement en brut, se trouve légalement justifié ;

 

PAR CES MOTIFS :

 

REJETTE le pourvoi ;

 

 


 

Président : Mme Collomp

Rapporteur : Mme Sommé, conseiller référendaire

Avocat général : M. Lalande

Avocat(s) : Me Haas ; SCP Hémery et Thomas-Raquin