Arrêt n° 2220 du 10 novembre 2009 (08-42.674) - Cour de cassation - Chambre sociale

Travail réglementation, santé et sécurité

Cassation

 

 


 

Demandeur(s) : M. F... X...

Défendeur(s) : la société Hutchinson, société en nom collectif

 


 

Sur le premier moyen :

 

Vu les articles L. 1226‑8 et L. 4624‑1 du code du travail ;

 

Attendu que l’avis du médecin du travail sur l’aptitude du salarié à occuper un poste de travail s’impose aux parties et qu’il n’appartient pas aux juges du fond de substituer leur appréciation à celle du médecin du travail ; qu’en cas de difficulté ou de désaccord sur la portée de l’avis d’aptitude délivré par le médecin du travail, le salarié ou l’employeur peuvent exercer le recours prévu par l’article L. 4624 1 du code du travail ;

 

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que M. X… a été engagé le 30 septembre 1977 par la société Aigle, puis à compter du 1er octobre 1987 par la société Hutchinson, en qualité d’agent de production ; qu’à la suite de deux avis de reprise du médecin du travail, le salarié, licencié le 9 septembre 2004 pour inaptitude physique d’origine professionnelle, a demandé la condamnation de l’employeur au paiement d’une somme à titre de dommages et intérêts ;

 

Attendu que pour rejeter la demande du salarié, l’arrêt, qui relève que le médecin du travail a déclaré celui‑ci "apte avec restrictions, pas de manutention difficile, pas de travaux bras en l’air, ni épaules décollées, pas de ponçage, il faut s’orienter vers des travaux légers et divers de lustrage, de retouche, de dégraissage sur table, de chargement‑déchargement de chaîne pour des pièces légères faciles à manipuler, aide à l’atelier protos", retient que le salarié, engagé en qualité d’agent de production, avait été affecté à un poste d’agent de finition comportant une multiplicité de tâches distinctes dont il ne pouvait plus, selon ce médecin, exécuter que quelques‑unes (dégraissage et retouche) et sous des conditions très restrictives (travaux légers de retouche, dégraissage sur table) et que ces restrictions étaient telles que tout poste pouvant lui être proposé emportait au moins pour partie modification de son contrat de travail, puis déduit de ces éléments que sous couvert d’aptitude avec restrictions, ce salarié avait été déclaré par celui‑ci inapte à son emploi ;

 

Qu’en statuant ainsi, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

 

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il soit nécessaire de statuer sur le second moyen :

 

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 2 avril 2008, entre les parties, par la cour d’appel de Poitiers ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Bourges ;

 

 


 

Président : Mme Collomp

Rapporteur : M. Chollet, conseiller

Avocat général : M. Lalande

Avocat(s) : SCP Masse-Dessen et Thouvenin ; Me Foussard