Arrêt n°320 du 10 avril 2019 (17-28.834)- Cour de cassation - Chambre commerciale, financière et économique - ECLI:FR:CCASS:2019:CO00320

Société créée de fait

Cassation

Sommaire :
Il résulte des articles 1872-2 et 1873 du code civil que la dissolution d’une société créée de fait peut résulter à tout moment d’une notification adressée par l’un d’eux à tous les associés, pourvu que cette notification soit de bonne foi, et non faite à contretemps.
Sont impropres à caractériser une notification faite de mauvaise foi ou à contretemps les motifs par lesquels une cour d’appel retient qu’un associé d’une société créée de fait qui souhaite la dissolution de celle-ci ne démontre pas que, contrairement à ses allégations, tous les candidats acquéreurs ont été systématiquement évincés par son coassocié, et qu’il ne justifie d’aucune démarche pendant les deux ans qui précèdent la notification de la dissolution de la société


Demandeur : M. K... Y...
Défendeur
 :
M. A...D...


Sur le moyen unique, pris en ses troisième et septième branches, qui est recevable :

Vu les articles 1872-2 et 1873 du code civil ;

Attendu qu’il résulte de ces textes que la dissolution d’une société créée de fait peut résulter à tout moment d’une notification adressée par l’un d’eux à tous les associés, pourvu que cette notification soit de bonne foi, et non faite à contretemps ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que, par lettre recommandée du 25 juin 2014, M. Y...  a notifié à M. D... , son associé dans une société créée de fait exploitant une officine de pharmacie, sa volonté de mettre un terme à leur indivision ; qu’il l’a ensuite assigné en dissolution de cette société, sur le fondement de l’article 1872-2 du code civil ;

Attendu que pour rejeter sa demande, l’arrêt retient que M. Y...  ne démontre pas que, contrairement à ses allégations, tous les candidats acquéreurs ont été systématiquement évincés par M. D... , et qu’il ne justifie d’aucune démarche postérieure à la fin de l’année 2012 et antérieure à la notification de la dissolution de la société, près de deux ans après ;

Qu’en se déterminant ainsi, par des motifs impropres à caractériser une notification faite de mauvaise foi ou à contretemps, la cour d’appel a privé sa décision de base légale ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres griefs :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 22 juin 2017, entre les parties, par la cour d’appel de Lyon ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Lyon, autrement


Président :Mme RIFFAULT-SILK, conseiller doyen faisant fonction de président
Rapporteur :
Mme de Cabarrus, conseiller référendaire rapporteur
Avocat général :
Mme Pénichon
Avocat (s) : SCP Ortscheidt, SCP Waquet, Farge et Hazan