Arrêt n°395 du 09 mai 2018 (17-13.030) - Cour de cassation - Chambre commerciale, financière et économique - ECLI:FR:CCASS:2018:CO00395

Transports routiers

Cassation partielle

Sommaire :
Il résulte des articles 41, alinéa 1er, et 23, alinéa 5, de la Convention de Genève du 19 mai 1956 relative au contrat de transport international de marchandises par route, dite CMR, qu’une clause contractuelle qui exonère le transporteur de toute responsabilité pour retard est nulle.


Demandeur : société Metracom
Défendeur : société DHL express France


Attendu, selon l’arrêt attaqué, que la société Metracom a confié à la société DHL express France (la société DHL) le transport, de France en Belgique, d’un colis contenant un dossier de candidature à un appel d’offres ; que le colis ayant été livré en retard, la candidature de la société Metracom a été rejetée ; que cette dernière a assigné la société DHL en paiement de dommages-intérêts en raison de la perte de l’appel d’offres et des marchés à venir ;

Sur le premier moyen, pris en ses première, deuxième et troisième branches :

Attendu que la société Metracom fait grief à l’arrêt de juger applicable la Convention de Genève du 19 mai 1956, relative au contrat de transport international de marchandises par route, dite CMR, et d’écarter la faute inexcusable du transporteur alors, selon le moyen :

1°/ qu’il résulte de l’article 2, alinéa 1, de la Convention de Genève du 19 mai 1956, relative au contrat de transport international de marchandises par route, dite CMR, que la Convention ne prévoit son application au transport intermodal comportant une phase routière que dans le cas où il est constaté que le véhicule routier contenant la marchandise est lui-même transporté sans rupture de charge ; que pour écarter le moyen tiré par la société Metracom de l’inapplicabilité de la CMR au transport intermodal litigieux, la cour d’appel s’est bornée à rappeler abstraitement les termes de cette disposition sans rechercher concrètement si ses conditions étaient réunies, privant ainsi sa décision de base légale au regard de l’article 2, alinéa 1, de la CMR ;

2°/ qu’est inexcusable la faute délibérée qui implique la conscience de la probabilité du dommage et son acceptation téméraire sans raison valable ; que pour écarter l’existence d’une faute inexcusable imputable à la société DHL express France la cour d’appel s’est bornée à relever « qu’alors que la lettre de transport ne vise aucun autre intérêt spécial que celui de livrer le colis avant 12 h 00 le lendemain de son expédition, il ne peut être déduit ni du retard dans la livraison, ni du défaut

de demande d’instructions complémentaires en cours de livraison [
] de faute caractérisée » ; qu’en statuant ainsi, sans rechercher s’il ne résultait pas de l’accumulation des manquements reprochés au transporteur, qui, ainsi que l’exposait la société Metracom, avait présenté le colis au jour contractuellement prévu pour la livraison, non pas à l’adresse indiquée, au siège du ministère belge de la Défense, mais au siège de la Commission européenne, où cette erreur lui avait été dûment signalée et n’avait pourtant pris aucune mesure pour respecter malgré tout le délai convenu en ne représentant finalement le colis à la bonne adresse que le lendemain, que celui-ci ne pouvait manquer d’avoir eu conscience du dommage auquel il exposait délibérément et sans nécessité son cocontractant, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard de l’article 29 de la CMR, ensemble l’article L. 133-8 du code de commerce ;

3°/ que la stipulation d’un intérêt spécial à la livraison n’est pas une condition à la réparation intégrale de l’expéditeur victime d’une faute équivalente au dol imputable au transporteur, qu’en se fondant, pour écarter to