Arrêt n° 1033 du 12 décembre 2018 (17-15.195) - Cour de cassation - Chambre commerciale, financière et économique - ECLI:FR:CCASS:2018:CO01033

Rejet

Demandeur (s) : M. et Mme Z... 
Défendeur (s) : M. 
Le Directeur départemental des Finances Publiques de la Haute Savoie


Sur le moyen unique :

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Chambéry, 6 décembre 2016), que, le 31 décembre 2008, M. Z... a souscrit un contrat d’assurance sur la vie contenant une clause stipulant qu’il n’était pas rachetable pendant toute sa durée fixée à huit ans, sauf situations exceptionnelles ; qu’estimant que la valeur de rachat de ce contrat devait être prise en compte dans l’assiette de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) dû par M. et Mme Z... , l’administration fiscale leur a adressé une proposition de rectification de la base imposable déclarée pour cet impôt au titre des années 2009 à 2012 ; qu’après mise en recouvrement de l’imposition en résultant et rejet de leur réclamation, M. et Mme Z... ont saisi le tribunal de grande instance en annulation de cette décision de rejet et des avis d’imposition ;

Attendu que M. et Mme Z... font grief à l’arrêt de rejeter leurs demandes alors, selon le moyen :

1°/ que les juges sont tenus de répondre aux conclusions des
parties ; qu’en considérant que le contrat d’assurance sur la vie souscrit par M. Z... aurait dû être mentionné dans ses déclarations d’impôt de solidarité sur la fortune des années 2009 à 2012 dès lors qu’il n’entrait pas dans l’une des catégories de contrats visés par l’article L. 132-23 du code des assurances, sans répondre au moyen des conclusions d’appel de M. et Mme Z... faisant valoir que la circonstance que le contrat n’entrait pas dans la catégorie des contrats non rachetables visés à l’article L. 132-23 du code des assurances était indifférente puisque l’article L. 142-5 du même code, qui apportait un aménagement à cet article L. 132-23, intégrait le contrat dans la catégorie des contrats non rachetables, la cour d’appel a violé l’article 455 du code de procédure civile ;

2°/ que pour le calcul de l’assiette de l’impôt de solidarité sur la fortune, la valeur de rachat des contrats d’assurance rachetables est ajoutée au patrimoine du souscripteur ; qu’en toute hypothèse, en retenant que le contrat d’assurance sur la vie souscrit par M. Z... aurait dû
être mentionné dans ses déclarations d’impôt de solidarité sur la fortune des années 2009 à 2012 dès lors qu’il n’entrait pas dans l’une des catégories de contrats visés par l’article L. 132-23 du code des assurances, quand un contrat d’assurance sur la vie pouvait entrer dans la catégorie des contrats non rachetables sans être visé par ce texte, et ce au regard de l’article L. 142-5 du même code, la cour d’appel a violé l’article 885 F du code général des impôts dans sa rédaction antérieure à celle issue de la loi du 23 décembre 2013 ;

Mais attendu qu’après avoir énoncé qu’en application de l’article 885 F du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable, les primes versées après l’âge de soixante-dix ans au titre des contrats d’assurance non rachetables souscrits à compter du 20 novembre 1991 et la valeur de rachat des contrats d’assurance rachetables sont ajoutées au patrimoine du souscripteur soumis à l’ISF, l’arrêt relève que les contrats d’assurance non rachetables sont définis à l’article L. 132-23 du code des assurances alors en vigueur et constate que le contrat souscrit par M. Z... ne ressortit à aucune des catégories prévues à cet article ; qu’il relève que l’assuré, s’il est en vie au terme fixé du contrat, a droit au paiement d’un capital ou d’une rente et qu’à défaut, il est procédé au paiement de ce capital ou de cette rente aux bénéficiaires désignés ; que de ces énonciations et appréciations, dont il ressort que la clause d’indisponibilité insérée à la police d’assurance souscrite par M. Z... laissait subsister dans son patrimoine la créance qu’il détenait sur son assureur, même si le remboursement de celle-ci en était différé, et que le contrat souscrit ne pouvait recevoir la qualification de contrat non rachetable, la cour d’appel, qui a répondu en l’écartant au moyen prétendument délaissé, a exactement déduit que la valeur de rachat de ce contrat devait être incluse dans l’assiette de l’ISF ; que le moyen n’est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;


Président : Mme Mouillard
Rapporteur : M. Cayrol
Avocat général : M. Richard de la Tour, premier avocat général
Avocat (s) : SCP Jean-Philippe Caston - SCP Foussard et Froger