Arrêt n° 630 du 28 juin 2016 (14-21.810) - Cour de cassation - Chambre commerciale, financière et économique - ECLI:FR:CCASS:2016:CO00630

Entreprise en difficulté

Rejet

Demandeur(s) : M. Pierre X..., et autre

Défendeur(s) : Interfimo, société anonyme


Sur le moyen unique :

 Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 26 juin 2014), que la société Interfimo s’est rendue caution d’un prêt consenti à M. X… par la société Le Crédit lyonnais (la banque) ; qu’en raison de la défaillance du débiteur principal, la société Interfimo a payé la banque, qui lui a délivré, le 14 mars 2001, une quittance subrogative ; qu’un jugement du 5 juillet 2005, devenu irrévocable, a condamné M. X… à payer à la société Interfimo la somme en principal de 259 585,20 euros ; que M. X… a été mis en redressement puis liquidation judiciaires les 24 septembre 2009 et 23 février 2012 ; que la créance de la société Interfimo a été admise au passif ; qu’après clôture de la liquidation judiciaire pour insuffisance d’actif, le 14 septembre 2012, la société Interfimo a poursuivi M. X… ;

 Attendu que M. X… fait grief à l’arrêt de constater que la société Interfimo remplissait les conditions prévues à l’article L.643-11 alors, selon le moyen, que le jugement de clôture de liquidation judiciaire pour insuffisance d’actif ne fait pas recouvrer aux créanciers l’exercice individuel de leurs actions contre le débiteur ; que si la caution ou le coobligé qui a payé aux lieu et place du débiteur peut poursuivre celui-ci après le jugement de clôture, elle ne recouvre pas le droit de reprendre des poursuites contre le débiteur lorsqu’elle a payé et obtenu, avant l’ouverture de la procédure collective, un titre exécutoire à son encontre ; qu’en statuant en sens contraire, la cour d’appel a violé l’article L. 643-11 du code de commerce dans sa rédaction applicable à la cause, ensemble l’article R. 643-20 du même code ;

 Mais attendu qu’ayant exactement énoncé que l’article L.643-11, II du code de commerce, qui autorise la caution qui a payé à la place du débiteur principal à le poursuivre, malgré la clôture de la liquidation judiciaire de celui-ci pour insuffisance d’actif, ne distingue pas selon que ce paiement est antérieur ou postérieur à l’ouverture de la procédure collective, ni suivant la nature, subrogatoire ou personnelle, du recours exercé par la caution, la cour d’appel en a déduit à bon droit que la société Interfimo remplissait les conditions prévues par ce texte ; que le moyen n’est pas fondé ;

 PAR CES MOTIFS :

 REJETTE le pourvoi ;


Président : Mme Mouillard
Rapporteur : Mme Vallansan
Avocat général : M. Le Mesle
, premier avocat général
Avocat(s) : SCP Spinosi et Sureau ; SCP Richard