La salle d’audience

Le gros œuvre de la salle d’audience était presque terminé lors des événements de 1871. Duc avait modifié ses plans dès 1868 pour tenir compte des reproches relatifs à l’exiguïté de la chambre des requêtes.


La même année, il établit un rapport sur la nécessité d’ouvrir des baies vitrées donnant sur la galerie Saint-Louis, allant même jusqu’à imaginer de couvrir cette galerie de verrières pour obtenir un éclairement maximal avant d’y renoncer finalement. Les solutions proposées par Duc amenèrent à envisager la reconstruction de la galerie Saint-Louis "en mettant la galerie et la salle d’audience dans un rapport convenable de proportions". Dans le travail achevé en 1877 pour la sculpture et les dorures du plafond, on sent tout le génie de Duc, l’or abonde sans nuire à l’impression d’équilibre de l’ensemble, c’est l’art italien revu par l’école française.



Les boiseries ont été réalisées en 1876.


L’horloge n’est apparue qu’en cours d’étude. Sa devise rappelle que le temps dévore tout, que le droit seul demeure.


La salle a conservé ses lustres d’origine. Au-dessus du prétoire, on pouvait voir le traditionnel Christ en croix qui fut retiré en 1904.

L’inauguration eut lieu le 3 novembre 1877. La Cour siégeait au Palais-royal depuis l’incendie de 1871, mais était impatiente de regagner le Palais. Un arrangement fut donc trouvé à titre provisoire pour que la Chambre civile et la Chambre criminelle siègent alternativement dans cette nouvelle salle. Pendant ce temps, Coquart mettait beaucoup de lenteur à l’achèvement de la Grand’chambre, ce qui fit durer le provisoire jusqu’au printemps de 1892.


La chambre du conseil

On entre par la chambre du conseil dont les boiseries ont été exécutées par Mathérion en 1874 et 1875.


Au trumeau de cheminée, on peut voir un portrait de Raymond de Sèze (1748-1828), premier président de 1815 à 1828, qui avait été au nombre des défenseurs de Louis XVI, peint par Jean-Louis Viger (1819-1879).


En face, un portrait de Louis Baudouin (l 814-1886), procureur général de 1884 à 1886, peint par Melchior Doze (1827-1913).


Entre les fenêtres, un buste de Faustin Hélie (1797-1884), conseiller dès 1849, président de la Chambre criminelle de 1872 à 1874, dû au talent d’Henri-Émille Allouard (1844-1929).