En savoir plus sur la bibliothèque

Fondée en 1796, la bibliothèque de la Cour de cassation maintient depuis plus de deux siècles sa double vocation : documentaire, d’une part, au service des magistrats et fonctionnaires de la Cour ; patrimoniale, d’autre part, en raison de la conservation de nombreux ouvrages anciens, rares et précieux. Ses collections juridiques spécialisées et son fonds historique et patrimonial rassemblent à ce jour près de 50 000 volumes. La bibliothèque de la Cour de cassation est aujourd’hui gérée par une équipe de sept agents, placés sous la direction d’un conservateur.

 

Inaugurée en 1868, la salle de lecture principale est installée dans un riche décor de boiseries de chêne, complété par un plafond de stuc néo-renaissance qui assure à l’ensemble une remarquable unité de style.

 

La bibliothèque échappe aux flammes

Cette partie des bâtiments de la Cour de cassation n’a pas souffert de l’incendie de 1871. La salle de lecture a pu conserver son décor Napoléon III réalisé sous la direction de l’architecte Joseph-Louis Duc. Tous les ouvrages de jurisprudence qui s’y trouvaient furent préservés des flammes. En revanche, les livres de théologie, de droit canon, d’histoire, de philosophie, de sciences et arts (soit près de 30 000 volumes) placés en dépôt furent détruits, en même temps que les ailes de façade où ils étaient conservés.


Edition humaniste du Corpus juris civilis de Justinien, imprimé en 5 volumes. Edition lyonnaise (1549 - 1550)


Une structure classique

Le parti pris général est celui que l’on retrouve habituellement dans les salles de lectures dès la fin du XVIIe siècle, notamment dans les bibliothèques d’abbayes ou de collèges religieux.

Une galerie à mi-hauteur permet de bénéficier des avantages d’un éclairage naturel descendant des fenêtres hautes sur les tables de travail, tout en limitant la hauteur des échelles ou des escabeaux, toujours incommodes.


Les sculptures en carton-pierre du plafond et des bibliothèques ont été exécutées par l’entreprise Huber frères. La peinture et la dorure furent confiés à la société de décoration Demelle & Cie. Dans les cartouches, au-dessus de chaque fenêtre, figurent les noms de jurisconsultes[#_ednref1" title="">[i] tant anciens que modernes.


Lire l’article sur les jurisconsultes dont les noms se trouvent au plafond de la bibliothèque

 

Réfection et évolution

La réfection de 1980 a permis de reprendre l’ensemble des peintures et des dorures du plafond. Divers aménagements dans les rayonnages et dans les placards des angles de la galerie ont été réalisés.

Des lustres de genre hollandais sont venus remplacer l’éclairage ancien. La table centrale a été agrandie pour accueillir un public plus nombreux.

En 1998, les boiseries de l’ensemble de la salle furent rénovées afin de retrouver leur blondeur originelle.




Entre tradition et modernité

Depuis quelques années, cette salle a laissé place à une informatisation discrète des postes de travail. Celle-ci permet aujourd’hui aux usagers de la bibliothèque d’accéder au catalogue général des imprimés, ainsi qu’aux nombreuses bases de données et ressources électroniques auxquelles la Cour est abonnée.

Ainsi, à côté des milliers de volumes de codes, monographies et titres de périodique mis à la libre disposition des magistrats, une nouvelle économie documentaire, indispensable et complémentaire, est apparue sous les lambris préservés et les boiseries rénovées.



[i] Le terme « jurisconsulte » vient du latin « juris consultus », qui veut dire « consultant en droit ».