Ouverture de la porte donnant accès direct aux locaux libérés par le tribunal de grande instance


Lorsque le Tribunal de cassation est institué en 1790, il est installé sur les vestiges de l’ancien parlement, au cœur du palais historique ayant accueilli les rois de France avant d’être consacré à l’œuvre de justice.

Un décret du 13 mars 1791 fixe le siège de la juridiction en « la Grand’chambre du ci-devant Palais de justice », autrement dénommée « Chambre dorée », que la Cour de cassation occupera durant huit décennies, avant que les travaux initiés en 1861, sur les plans de l’architecte Louis Lenormand et son successeur Joseph-Louis Duc, ne la conduise en 1874 à abandonner cette salle historique au tribunal de première instance.

En effet, incendiée le 24 mai 1871 lors des événements de la Commune de Paris, la chambre dorée en ruine est cédée par l’État au Département qui y installe, trois ans plus tard, la première chambre du tribunal de première instance, devenu depuis lors le tribunal de grande instance de Paris[1]. Les dépendances du tribunal sont placés dans les deux tours médiévales donnant sur les quais.

Le cabinet du premier président quitte alors la Tour d’Argent, qu’il occupait depuis le début du XIXe siècle, pour rejoindre les locaux actuels de la première présidence, aménagés entre 1874 et 1875 en lieu et place de l’ancienne Chambre des requêtes.

Deux nouvelles salles d’audience sont édifiées.

L’une relie la future Galerie des Bustes[2] à celle des Prisonniers ; elle est inaugurée dès 1868, à l’endroit même où la préfecture de police tenait encore quelques années auparavant ses dépôts : perçue comme trop exiguë, elle est dédiée à l’examen des requêtes avant de recevoir en 1947 la chambre commerciale.

L’autre est établie le long de la Galerie Saint-Louis – qui est déplacée de quelques mètres vers l’Est pour l’occasion ; elle accueille la chambre criminelle lorsque, de retour sur l’île de la Cité après les événements de la Commune de Paris, la Cour tient sa rentrée solennelle le 3 novembre 1877.

Parallèlement, un nouvel édifice est construit sur la rue de Harlay, pour y accueillir en 1892 une Grand’chambre plus vaste dans ses dimensions, offrant sur le quai de l’Horloge une façade monumentale de style néo-renaissance devenue l’emblème de la Cour de cassation.

A cette date, le premier étage de la Cour de cassation est établit dans ses limites, des limites qui ne vont plus guère évoluer.

L’ouverture de la porte donnant accès aux espaces libérés par le TGI permet donc à la Cour de cassation de revenir à l’origine, tant symbolique que physique, de sa création. D’une Grand’chambre à l’autre se sont plus de deux siècles d’histoire qui sont écoulés le long de cet axe qui comprend, parallèlement à la Seine, la galerie des bustes et qui désormais la prolonge en direction de la tour de l’Horloge.


[1] La reconstruction de la première chambre du tribunal est achevée en 1879.

[2] Les bustes sont mis en place vers 1878. Les travaux de menuiserie sont achevés en 1881.