Philippe-Antoine Merlin de Douai (1754 - 1838)

Merlin de Douai devient avocat au parlement de Flandre dès 1775. Faisant montre précocement de grandes qualités intellectuelles, il participe à la rédaction d’un dictionnaire de droit (Répertoire universel et raisonné de jurisprudence en matière civile, criminelle, canonique et bénéficiale). À la Révolution, il est élu député du tiers état. S’il monte peu à la tribune de la Constituante, il prend une part active aux travaux de l’assemblée en livrant un rapport sur le régime féodal ainsi qu’en faisant voter l’abolition du droit d’aînesse. Durant la Convention, il siège parmi les Montagnards et vote la mort du roi. Ce choix conduit Napoléon Bonaparte à l’écarter de l’élaboration du code civil, à laquelle participe Tronchet, avocat de Louis XVI. Merlin est néanmoins mobilisé sur les questions de succession et chargé de rédiger le code des délits et des peines. Sa carrière connaît un tournant lorsqu’il devient ministre de la police puis ministre de la justice sous le Directoire. C’est d’ailleurs à cette époque, en 1796, qu’est créée à son initiative la bibliothèque de la Cour de cassation. Devenu ministre d’État sous l’Empire, il sera nommé un peu plus tard procureur général près la Cour de cassation, fonctions qu’il occupe pendant treize ans. Il réédite le Répertoire universel, sur lequel il laisse cette fois sa pleine empreinte et achève sa carrière en intégrant l’Académie des sciences morales.