Alexis Ballot-Beaupré (1839-1917), Premier président

Alexis Ballot-Beaupré est né le 15 septembre 1839 à Saint-Denis de la Réunion. Ce fils d’inspecteur de la Marine mène de brillantes études de droit. Après avoir obtenu son doctorat (1859), il s’inscrit au barreau de Paris où il est reçu deuxième secrétaire de conférence de la promotion 1860-1861. Mais il renonce bientôt à la profession d’avocat pour entrer dans la magistrature. Il y occupe successivement les fonctions de substitut à Montbrison en avril 1862, puis à Marseille en juillet 1865, de procureur à Toulon en 1872 et, enfin, de procureur général à Bastia en 1876. Chef du parquet à Nancy en 1878, il y devient premier président de la Cour d’appel en octobre 1879.

Il entre à la Cour de cassation le 3 novembre 1882, en tant que conseiller. Peu après sa nomination comme président de la chambre civile (1899), il est désigné rapporteur pour la première demande en révision du procès d’Alfred Dreyfus, ce dernier ayant été condamné en 1894 par le Conseil de guerre à la dégradation militaire et à la déportation à perpétuité en Guyane pour haute-trahison. Alexis Ballot-Beaupré déclare alors que le bordereau incriminant le capitaine a été écrit par l’officier Ferdinand Walsin Esterhazy. Convaincu de l’innocence de Dreyfus, il se prononce en faveur de la révision.

Premier président de la Cour de cassation de 1900 à 1911, il donne, en cette qualité, lecture de l’arrêt du 12 juillet 1906 par lequel la juridiction suprême annule sans renvoi le jugement du Conseil de guerre de 1899 qui avait de nouveau condamné Alfred Dreyfus.

Quand sa mort survient à Paris, le 16 mars 1917, le premier président Louis Sarrut, son successeur, salue son empreinte ineffaçable sur la jurisprudence de la Cour. Après ses obsèques, l’avocat général Paul Peyssonié affirme : « L’incarnation du droit, c’était lui ! […] Il a porté le style judiciaire au sommet de la perfection ».