La salle d’audience

Cette chambre et sa chambre du conseil ont été épargnées par l’incendie de 1871 et présentent donc encore l’aspect voulu par Duc dès l’origine.

 

Photo Arnaud Chircurel

L’histoire de cette salle fut assez mouvementée à ses débuts. Prévue comme chambre des requêtes, elle fut livrée le 15 mai 1868 aménagée en chambre criminelle à la demande du doyen de cette formation. Devant l’étroitesse de la salle d’audience, ses collègues préférèrent continuer de siéger en alternance avec la chambre civile dans l’ancienne Grand’chambre. Il fallut donc modifier l’aménagement pour l’approprier aux requêtes, opération qui restait en cours au début de 1869. Le président Bonjean, au nom de sa chambre, dans une supplique avec plans à l’appui, proposait de détruire le mur séparant la chambre de son vestibule et de percer des fenêtres vers l’ouest, solution heureusement rejetée par les hommes de l’art, surtout dans un ensemble entièrement décoré.

Cette salle abrita la chambre des requêtes jusqu’en 1947, date de sa suppression et la création de la chambre commerciale. Elle a conservé ses boiseries de chêne de l’époque Napoléon III, très bel exemple d’une architecture judiciaire de laquelle se dégage une atmosphère de calme.


Elle comporte au plafond des peintures d’une belle facture classique. La soierie moderne remplace une soierie analogue sur fond bleu. Dans les cadres au-dessus des lambris, figuraient deux toiles. Au-dessus du président, jusqu’en 1904, le Christ en croix traditionnel, sur fond d’architecture, était une copie de Philippe de Champaigne, par Chernault. C’est aujourd’hui une copie d’un tableau de Girodet du musée de Montargis qui s’y trouve : Napoléon Ier, empereur et législateur.


L’autre tableau, dû à Léon-Pierre Bourgeois, qui avait été exposé au salon de 1878, représente l’empereur Justinien.


Les stucs du plafond ont été réalisés par Huber frères comme les sculptures des boiseries.


Dans les cadres, les trois toiles sont de Benjamin Ulmann (1829-1884), signée et datée 1868. Au centre, la Cour protège l’innocence et fait châtier le crime


Du côté de l’entrée du public, la Cour sanctionne un verdict.


Au-dessus du bureau du président, la Cour casse un arrêt.


Le mobilier a été dessiné par l’architecte. Le vestibule donnant sur la galerie des prisonniers comporte, au fronton de la porte conduisant à la salle d’audience, deux figures allégoriques sculptées par Jean Bonnassieux (1810-1892).


La chambre du conseil

La chambre du conseil est ornée de boiseries dont les dessins d’exécution sont de Duc.


Sur la cheminée de marbre, on trouve un des nombreux portraits de Pierre-Paul Nicolas Henrion de Pansey (1742-1829), juge en 1800, président de la Chambre des requêtes de 1809 à 1813, puis de 1815 à 1828, date de sa nomination à la Première présidence.


Le tissu mural et le lustre sont modernes.