Arrêt n° 1237 du 28 octobre 2009 (08-18.736) - Cour de cassation - Troisième chambre civile

Cassation

 

 


 

Demandeur(s) : la communauté d’agglomération Plaine Commune, venant aux droits de la société Marret, société civile immobilière, et autre

Défendeur(s) : la société Haddadi frères, société à responsabilité limitée, et autre

 


 

Sur le moyen unique :

 

Vu les articles 1134 du code civil et L. 145 32 du code de commerce ;

 

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 28 mai 2008), que la SCI Marret, aux droits de laquelle vient la Communauté d’agglomérations Plaine Commune, a donné à bail, pour cinquante trois ans à compter du 1er janvier 1987, des locaux à usage commercial à la société Ile de France, aux droits de laquelle est venue la société Saint Denis République ; que le bail autorisait la preneuse à sous louer librement tout ou partie des locaux, à charge de notifier à la propriétaire, par acte extrajudiciaire ou par lettre recommandée, les actes de sous location pour assurer leur opposabilité ; que la preneuse a sous loué une partie des locaux à M. et Mme Y… qui, par acte du 19 avril 1994 établi avec le concours de la propriétaire, ont cédé leur fonds de commerce avec le droit au bail, à la société Haddadi frères ; que, par acte du 7 avril 1999, ce bail a été renouvelé ; que le bail principal ayant été résilié par acquisition de la clause résolutoire, la société Haddadi Frères a demandé à la SCI Marret le renouvellement de son bail que cette dernière a refusé au motif que l’acte du 7 avril 1999 ne lui avait pas été notifié ; que la société Haddadi frères a assigné la propriétaire des locaux afin de se voir reconnaître le droit à une indemnité d’éviction ;

 

Attendu que pour dire que la société Haddadi frères a droit à une indemnité d’éviction par suite du refus de la propriétaire des locaux de renouveler son bail après la résiliation du bail principal, l’arrêt retient que la SCI Marret avait concouru à l’acte du 19 avril 1994 portant cession du droit au bail à la société Haddadi frères, que l’acte établi le 7 avril 1999, dit de renouvellement du bail, doit s’interpréter comme une simple prolongation du contrat initial, et qu’au demeurant, la SCI Marret avait connaissance de ce dernier acte, son mandataire, en détenant une copie ;

 

Qu’en statuant ainsi, sans constater que l’acte de renouvellement du bail établi le 7 avril 1999 avait été notifié à la propriétaire conformément aux stipulations du bail principal, ou relever un acte clair et non équivoque établissant que cette dernière avait tacitement agréé le renouvellement du bail de la société Haddadi frères, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision ;

 

PAR CES MOTIFS :

 

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 28 mai 2008, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris, autrement composée ;

 

 


 

Président : M. Lacabarats

Rapporteur : M. Terrier, conseiller

Avocat général : M. Cuinat

Avocat(s) : SCP Ortscheidt ; SCP Tiffreau