Arrêt n° 5885 du 12 octobre 2011 (10-82.842) - Cour de cassation - Chambre criminelle

Lois et réglements

Annulation


Demandeur(s) : M. Yves X...


Sur le moyen de cassation relevé d’office, pris de l’inconstitutionnalité de l’article 222-31-1 du code pénal et de l’abrogation de la loi pénale ;

Vu les articles 61-1 et 62 de la Constitution ;

Attendu qu’une disposition déclarée inconstitutionnelle sur le fondement de l’article 61-1 de la Constitution est abrogée à compter de la publication de la décision du Conseil constitutionnel ou d’une date ultérieure fixée par cette décision ;

Attendu que M. X... a été déclaré coupable de viols aggravés qualifiés d’incestueux, par application de l’article 222-31-1 du code pénal ;

Mais attendu que ces dispositions ont été déclarées contraires à la Constitution par décision du Conseil constitutionnel du 16 septembre 2011, prenant effet à la date de sa publication au Journal officiel de la République française le 17 septembre 2011 et que, selon cette décision, à compter de cette date, aucune condamnation ne peut retenir la qualification de crime ou de délit “incestueux” prévue par ce texte abrogé ;

D’où il suit que l’annulation est encourue de ce chef ;

Par ces motifs et sans qu’il soit besoin d’examiner les moyens de cassation proposés :

ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt susvisé de la cour d’assises de l’Hérault, en date du 25 février 2010, ensemble la déclaration de la cour et du jury et les débats qui l’ont précédée ;

Et pour qu’il soit à nouveau jugé, conformément à la loi,

RENVOIE la cause et les parties devant la cour d’assises de l’AUDE, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;

ORDONNE l’impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d’assises de l’Hérault et sa mention en marge ou à la suite de l’arrêt annulé


Président : M. Louvel

Rapporteur : Mme Lazerges, conseiller référendaire

Avocat général : M. Mathon

Avocat(s) : Me Bouthors