Arrêt n° 1885 du 28 avril 2011 (10-87.986) - Cour de cassation - Chambre criminelle

Peines

Rejet


Demandeur(s) : Le procureur général près la cour d’appel de Lyon



Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles 132-52 du code pénal et 746 du code de procédure pénale ;

“en ce que la chambre de l’application des peines a confirmé le rejet d’une demande d’aménagement de peine comme étant sans objet ;

“au motif qu’en application de l’article 132-52 du code pénal la condamnation à deux ans d’emprisonnement dont seize mois assorti d’un sursis avec mise à l’épreuve était réputée non avenue dans tous ses éléments depuis la fin du délai d’épreuve ;

“alors que seules les incapacités, interdictions et déchéances résultant de la condamnation cessent d’avoir effet lorsque la partie ferme de l’emprisonnement assorti partiellement d’un sursis avec mise à l’épreuve peut être mise à exécution après l’expiration du délai d’épreuve dans le délai de prescription de la peine ;

Attendu qu’il résulte de l’arrêt attaqué et des pièces de procédure, que M. X... a été condamné le 7 novembre 2006, par le tribunal correctionnel, à deux ans d’emprisonnement dont seize mois avec sursis et mise à l’épreuve pendant trois ans, pour abus de confiance, le tribunal ayant ordonné l’exécution provisoire de la mise à l’épreuve ; que le jugement a été confirmé en toutes ses dispositions par arrêt de la cour d’appel du 15 janvier 2009 ;

Attendu que, pour confirmer le jugement du juge de l’application des peines ayant déclaré sans objet la requête du condamné déposée le 12 août 2009, sollicitant une suspension de peine pour raison médicale, l’arrêt énonce que le sursis avec mise à l’épreuve n’ayant pas été révoqué et le délai d’épreuve ayant expiré le 8 novembre 2009, la condamnation est réputée non avenue en application de l’article 132-52 du code pénal ;

Attendu qu’en prononçant ainsi, la chambre de l’application des peines a fait l’exacte application de ce texte, dès lors qu’une condamnation avec sursis et mise à l’épreuve réputée non avenue à l’échéance du délai d’épreuve perd son caractère exécutoire à partir de cette date à moins qu’elle ne fasse l’objet d’une décision ordonnant la révocation totale du sursis ;

D’où il suit que le moyen, inopérant en ce qu’il se fonde sur les dispositions de l’article 746 du code de procédure pénale étendant l’application de ce principe aux incapacités, interdictions et déchéances, ne saurait être admis ;

Et attendu que l’arrêt est régulier en la forme ;

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Louvel

Rapporteur : M. Pometan, conseiller

Avocat général : M. Charpenel