Le Parquet général occupe au second étage un emplacement qui lui avait été attribué dès les premiers travaux de reconstruction de la Cour. A partir de 1868, il avait pu emménager en même temps que la Chambre des requêtes et la bibliothèque tandis que des greffes provisoires s’établissaient à l’étage inférieur. L’incendie de 1871 avait tout anéanti dans les différentes pièces. La distribution actuelle date de la reconstruction menée dans les années 1873-1876. Le Procureur général de Raynal, excédé par l’inconfort des locaux du Palais-Royal, avait demandé à reprendre rapidement possession des locaux rénovés, ce qui fut fait le 24 octobre 1877.
On accède au Parquet par une antichambre dont la double porte fut rénovée lors de l’aménagement de la Chambre sociale. La séparation d’avec la galerie a été accentuée lors des travaux de 1988. Sur les murs de cette antichambre et dans le couloir donnant accès aux bureaux, on peut observer :
Dans le couloir donnant accès aux bureaux, deux bustes sur leur gaine :
Sur la gauche s’ouvre l’ancien premier cabinet du secrétaire général, devenu cabinet du Premier avocat général, orné d’un bureau plat d’Auguste Godin (1816-1883) qui avait aussi exécuté le bureau du Premier président.
Le second cabinet du secrétaire général a gardé son affectation. L’ancien deuxième cabinet du Procureur général qui ouvre sur la droite, auparavant utilisé comme salon d’attente, est maintenant occupé par un membre du secrétariat général. Il comporte une grande bibliothèque en acajou poli, exécutée en 1876. Au mur, figurent quelques portraits.
L’ancien troisième cabinet a été affecté depuis au secrétariat général. On y trouve une grande bibliothèque d’époque Louis-Philippe.
Le grand cabinet du Procureur général, toujours prévu au même emplacement, est l’une des pièces qui souffre le plus des changements apportés par Duc au rythme des fenêtres de la façade en l’assombrissant. La décoration prévue par Duc comportait deux corps de bibliothèque en acajou. Elle devait comporter en outre un portrait de Mourre sur la cheminée avec de chaque côté de celle-ci les bustes de Merlin et Dupin. Enfin des portraits de Delangle et Fabre devaient encadrer la fenêtre. Les éléments de cette décoration ont été changés sans doute plusieurs fois depuis. Actuellement, seules deux appliques de bronze modernes entourent la cheminée.
Sur un grand tapis de la Savonnerie de style empire, provenant de l’atelier de Lodève, mis en place en 1983, à l’occasion de la réfection de la pièce, se retrouve un grand bureau semblable à celui du Premier président. Il porte la marque de l’ébéniste Auguste Godin. Avec ses bibliothèques basses, il peut être daté de l’époque de retour au Palais. Divers sièges de style Louis XVI complètent l’ensemble. Une petite chaise au dossier droit à barreaux, délicatement tourné porte l’estampille de G. Jacob.
Sur l’une des bibliothèques basses, un petit bronze représente le procureur général Dupin en costume de ville. Il est signé A. Barre et frères et daté de 1838. Jean-Auguste Barre (1811-1896), auteur de cette série de statuettes représentant les artistes ou les personnages en vue de son temps, deviendra le portraitiste attitré de Napoléon III.
En 1990, le bureau qui faisait traditionnellement face à la cheminée, est disposé dans l’angle voisin de cette dernière, face à la fenêtre, tandis que le mur d’angle à droite de cette dernière reçoit une toile peinte a tempera d’origine méditerranéenne, de la première moitié du 17ème siècle. Elle représente un château dans un paysage agrémenté d’arbres avec quelques oiseaux.